Enchaînant les courses et les combats, Siileyn se débarrasse enfin de l'odeur prenante qui la suivait. Faisant sécher sa cotte de mailles et sa tunique, la Foudre révèle son corps malmené par les événements. Voyant cela, la conteuse l'interroge, curieuse.
Siielyn a été soldat dans l'armée du Domaine Aldmeri. Ca n'a jamais été son choix mais on lui a dit que c'était pour "protéger le Val-Boisé". Mais une fois à Cyrodiil et les premières défaites essuyées par son unité face aux mens et mers, la Foudre en a déduis que c'était clairement un mensonge. Désertant, elle s'est dirigée vers le Weald occidental, attirée par la Forestaube encore nouvelle.
Puis Siielyn se tut. Attentive à son environnement, elle prend rapidement ses affaires et invite la conteuse à se cacher.
Des éclaireurs de la Légion de la Sève d'arbre sautent d'arbre en arbre pour observer les environs... Puis une dizaine de soldats apparaissent.
Ces légionnaires bosmers sont sur la trace des responsables ayant commis un crime contre le Vert dans une clairière... Ils sont clairement à la recherche de la conteuse. Mais fort heureusement, ceux-là semblent croire que ce sont des coloviens qui sont responsables.
Plus de peur que de mal, les légionnaires de la Forestaube continuent leur route sans avoir trouver les véritables responsables cachées là.
Siielyn soupire. Cette bande d'idiots sont probablement parmi ces soldats extrémistes dont faisait référence la trameuse Navya. Elle redoute qu'ils provoquent des problèmes avec Skingrad, ce qui n'est clairement pas bon pour Vashabar et la Forestaube.
En attendant, il est hors de question de rester ici. Siielyn emmène la conteuse dans sa cachette habituelle au niveau d'un lac.
Curieuse, la Foudre demande à la conteuse si elle aussi entendra l'esprit qui lui murmure ? Mais la conteuse reste floue à ce sujet. Après tout, Siielyn a déjà entendu ces murmures même si c'était assez indistinct.
La conteuse ne veut pas inquiéter sa nouvelle camarade mais ces voix qu'elle entend "attirent les conséquences". Lesquelles ? Elle n'aura pas le temps de lui répondre.
Des rochers tombent lourdement à quelques pas de là, surprenant les bosmers. Une érosion sans doute, mais les deux elfes préfèrent y jeter un œil.
Depuis les hauteurs, Siielyn voit comme un bras étalé au sol. C'est un enfant.
Un jeune elfe des bois à une jambe piégée sous les gravas. L'autre jambe est libre mais guère en meilleur état.
Lorsqu'il se réveille, l'enfant semble perdu. Mais lorsqu'il prend conscience et qu'il se rend compte qu'il a perdu l'usage de ses jambes, il se met à hurler de stupéfaction. Il essaie de retrouver son père, agitant ses bras vers les gravas autour de lui.
La conteuse reste d'abord distante. Puis se met à tracer directement dans la terre un cercle de glyphes naturels autour des jambes de l'enfant ainsi que sur deux morceaux de bois.
Tout en cherchant le père sous les décombres, Siielyn observe. Cela ressemble plus ou moins à ce qu'elle a pu observer de loin l'autre jour dans la clairière.
Bien qu'elle paraisse réduite, la conteuse entre en connexion avec le Vert, murmurant un chant ancien qui résonne avec les racines qui se mettent à vibrer. L'air devient pur, il se met à respirer autour d'eux.
Siielyn le sent, quelque chose se manifeste tout en les observant. Les racines se mettent à bouger, comme guidant les mains de la conteuse. Un souffle porte un murmure toujours aussi indistinct.
La conteuse place une fleur dans chacune des racines qui prennent une forme conique et enveloppent les jambes de l'enfant.
Toutefois, la Foudre a vu que les animaux qui rôdaient autour ont pris la fuite. Puis un insecte géant surgit pour attaquer la conteuse.
Siielyn saisit rapidement sa masse cloutée et la fracasse contre l'insecte avant qu'il ne touche la conteuse.
La conteuse interrompt son chant, efface une partie des glyphes. "C'est terminé". Elle est épuisée, à bout.
L'enfant est surpris. C'est un miracle, il retrouve l'usage de ses jambes même si c'est plus grâce à ses prothèses. Mais derrière cette joie certaine, Siielyn ressent un silence pesant. Puis une présence lourde, le sentiment que la forêt mesure et note tout.
Le sourire de l'enfant s'interrompt. Il y a problème... Les prothèses sont une bénédiction pour lui, mais aussi une malédiction. La conteuse a utilisé du bois et c'est très mal venu par le Pacte Vert.
L'enfant se retrouve également de nouveau orphelin. Son père adoptif est retrouvé mort. Seul et avec des prothèses qu'il peine à refuser mais qui peuvent lui attirer des ennuis, il ne sait quoi faire.


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